Communiqués de Presse

Dengue: L’OMS tire la sonnette d’alarme

Putrajaya (Malaisie), 15 octobre 2010—La dengue est devenue une menace sérieuse pour la santé publique indique aujourd’hui l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) alors qu’elle met en garde contre un scénario d’aggravation si les pays ne prennent pas maintenant les mesures pour renforcer les programmes de prévention et de lutte.

La fréquence accrue et l’ampleur des flambées de dengue dans certains pays de la Région OMS du Pacifique occidental et l’extension des maladies transmises par les moustiques au cours de quelques dernières années à des régions précédemment non touchées sont des signes qui indiquent qu’il est temps d’agir fermement selon l’OMS. L’élévation des temperatures et de la pluviométrie modifient la répartition géographique des moustiques porteurs de la dengue. Au Japon, par exemple, on en trouve désormais dans l’île d’Honshu au nord même si aucune infection n’a encore été répertoriée.

Si la dengue ne peut être éliminée, l’OMS a souligné les mesures importantes que les pays doivent prendre pour limiter le nombre de cas, notamment en diminuant les sources d’infection ou en élimant les gîtes larvaires des moustiques et en prenant en charge correctement les personnes atteintes de dengue.

L’élimination des gîtes larvaires, qui consiste à vider toute l’eau stagnante restant dans les pots est indispensable pour lutter contre la dengue et exige une forte participation communautaire. L’OMS a constaté que la brumisation d’insecticide n’est pas nécessairement efficace.

Dans certains pays touchés par la dengue, les hôpitaux locaux ont été submergés de malades et ont souvent laissé les personnes exposées aux moustiques et à la possibilité que ces vecteurs transmettent le virus à d’autres personnes.

Dans la Région, les cas de dengue cas n’ont pas augmenté de façon significative dans les pays du Pacifque occidental par rapport à l’année dernière. Toutefois, il y a eu une augmentation spectaculaire du nombre de cas dans certain pays comme la République democratique populaire lao et les Philipppines qui peut être attribuée à un certain nombre de facteurs : température et pluviométrie plus élevées cette année, densité de population croissante et voyages internationaux plus nombreux.

« Etant donné la tendance à la hausse des flambées de dengue dans certains pays, il est essentiel que les communautés adoptent une attitude coopérative dans la lutte contre cette maladie», a indiqué le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, au Comité régional qui se réunit à Putrajaya (Malaisie) pour examiner les travaux de l’OMS.

A l’échelle mondiale, la région Asie-Pacifique est la plus durement touchée par la dengue avec des dizaines de milliers de personnes malades dans toute la région. Sur les 2,5 milliards de personnes exposées au risque de dengue dans le monde selon les estimations, près de 1,8 milliard--à savoir plus de 70 %--résident dans les pays d’Asie et et du Pacifque.

Le Dr Shin a demandé un engagement et une direction plus fermes, davantage de sensibilisation et d’investissement, une meilleure prise en charge clinique et une collaboration régionale pour les activités de surveillance, de prévention et de lutte afin de réduire la menace que fait peser sur la santé publique cette maladie.

« Il faut mobiliser les ressources nationales pour maintenir les activités de lutte contre la dengue et faire de cette maladie une priorité de santé mondiale afin de susciter l’intérêt des institutions et donateurs internationaux, »a indiqué le Dr Shin.

Bien que des efforts considérables aient été consentis pour renforcer les programmes nationaux contre la dengue depuis l’adoption du Plan stratégique de lutte contre la dengue pour la région Asie-Pacifique (2008-2015), les pays doivent suivre de près l’incidence et la distribution en évolution constante de cette maladie a indiqué l’OMS.

La surveillance de la dengue est un élément important des programmes nationaux de lutte contre la dengue. Tandis que Singapour a répertorié davantage de cas au cours de ces derniers mois qu’au cours de la même période l’année dernière, le nombre total de cas de dengue continue à chuter année après année. Cela peut être attribué au système unique de riposte aux flambées de dengue de ce pays-qui comprend une collaboration intersectorielle pendant et entre les flambées--et un système très sensible de surveillance entre les flambées, qui permet de réduire les effets de ces dernières dans le pays.

Il y a pour le monent aucune preuve irréfutable du fait que l’augmentation du nombre de cas est due au réchauffement climatique mondial, mais les changements climatiques jouent un rôle important dans la nature des moustiques qui sont responsables de la propagation de la dengue, notamment Aedes aegypti. Cependant, l’OMS a noté qu’il était nécessaire de s’intéresser de plus près aux effets possibles du réchauffement mondial sur la dengue et aux stratégies permettant d’atténuer les effets de cette maladie.


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