Communiqués de Presse

Effets du changement climatique sur la santé : l'OMS tire la sonnette d'alarme

Putrajaya (Malaisie) 14 octobre 2010 — L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré aujourd'hui qu’en dépit des progrès satisfaisants constatés dans la préparation des pays du Pacifique occidental aux chocs climatiques, il reste encore beaucoup à faire.

D'après l'OMS, il est vital que les États Membres de la Région accélèrent leurs mesures de préparation compte tenu de la montée en flèche des épisodes météorologiques extrêmes.

Le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, a indiqué que le déplacement des schémas météorologiques allait presque certainement se traduire par l'introduction de maladies transmises par les moustiques, comme le paludisme et la dengue, dans des zones où les moustiques ne pouvaient pas survivre auparavant.

« Les inondations et les sécheresses entraîneront probablement un accroissement des maladies à transmission hydrique. La modification des températures et des précipitations se répercutera sur la production alimentaire, mettant ainsi en péril la nutrition et la sécurité alimentaire, » a-t-il déclaré. « D'ailleurs, certaines îles du Pacifique sont d'ores et déjà confrontées à l'élévation du niveau de la mer et donc à la perte de terres agricoles, voire à leur disparition pure et simple. »

Le Dr Shin s'adressait à la réunion annuelle du Comité régional du Pacifique occidental, l'organe directeur de l'OMS dans la Région, à Putrajaya (Malaisie). Le Comité régional a pris connaissance de l'évolution des stratégies et plans d'action nationaux élaborés par les pays pour préparer le secteur de la santé à riposter aux effets du changement climatique. En 2008, le Comité régional avait approuvé le Cadre d'action régional pour la protection de la santé humaine face aux effets du changement climatique dans la région Asie-Pacifique.

Le Dr Shin a incité les États et Territoires de la Région à renforcer davantage leurs systèmes de santé afin de protéger les populations des menaces du changement climatique.

« Les gouvernements doivent mettre la santé humaine au coeur de leurs politiques sur le changement climatique, » a-t-il fait valoir. « Ils doivent renforcer et réformer les systèmes en place et mettre l'accent sur la distribution d'eau potable, la vaccination, la surveillance des maladies, la démoustication et la préparation aux catastrophes. »

En 2008, le gouvernement de la Malaisie a accueilli la première Conférence ministérielle Asie-Pacifique sur le changement climatique et s'est déclaré prêt à travailler avec d'autres pays de la Région pour s'atteler aux problèmes émergents de santé publique liés au changement climatique.

Les inondations et les canicules sont à l'origine de graves problèmes dans les pays de la Région, notamment de pertes humaines, d’une multiplication de traumatismes et de maladies et de la destruction de nombreuses habitations. En juin 2010, les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le sud et le centre de la Chine ont tué des centaines de gens, tandis que les inondations et les glissements de terrain ont forcé l'évacuation de millions de personnes.

Plusieurs pays en développement de la Région ont pris des mesures pour évaluer les faiblesses de leurs systèmes de santé et formuler des stratégies et plans d'action nationaux sur la riposte du secteur de la santé au changement climatique. Les pays développés de la Région comme l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, ont fourni une expertise technique et un soutien financier aux pays en développement.



En savoir plus sur le changement climatique
 

Le changement climatique est l'un des plus grands défis de notre époque.

Aucun pays ne sera épargné par ses conséquences. Toutefois, les pays confrontés à des taux élevés de pauvreté et de malnutrition, à une insuffisance d'infrastructures sanitaires et/ou à l'instabilité politique, seront les moins à même d’y faire face.

Le changement climatique est peut-être déjà en cause dans l'augmentation du nombre de décès enregistrés dans le monde— plus de 150 000 chaque année à l’heure actuelle — du fait du paludisme, des maladies diarrhéiques, de la malnutrition et des traumatismes résultant des inondations.

Par suite du réchauffement planétaire, les moustiques vecteurs du paludisme sont aujourd'hui présents dans des zones où ils n'avaient jamais été repérés auparavant, par exemple dans les montagnes de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La dengue : La hausse des températures et des précipitations se répercute aussi sur l'aire de répartition géographique des moustiques vecteurs de la dengue. Au Japon, ils sont désormais présents sur l'île de Honshu, au nord du pays, bien qu'aucun cas d'infection ne soit encore survenu.

La santé de dizaines de millions de résidents des mégalopoles asiatiques situées dans des deltas, y compris Manille, pourrait être menacée par les crues et les inondations côtières. Les risques d'inondation en saison des pluies sont particulièrement élevés sur les terres longeant la Baie de Manille. Pour une large part, elles sont déjà en voie affaissement, phénomène qui se conjugue avec l'élévation du niveau de la mer et empêchera l'écoulement des eaux pluviales par les réseaux d'évacuation. L'assainissement et la santé seront de ce fait mis en péril.

Des millions de gens pourraient être confrontés à la maladie, à la pauvreté et à la faim si les terres arables deviennent incultivables par suite de l'évolution des températures, du régime des pluies et de la multiplication des ravageurs agricoles.

Le changement climatique risque d'anéantir les progrès de la lutte contre les maladies dues à la pauvreté et de creuser un peu plus l'écart entre les riches et les pauvres en matière de santé.

Les pays insulaires océaniens sont parmi les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique.

  • Les atolls habités sont pour la plupart étroits, au ras de l'eau et bordés par des lagons ou par la pleine mer. Ils sont exposés à la fréquence accrue des cyclones, à l'élévation du niveau de la mer, aux glissements de terrain et aux ondes de tempête.
  • Les pénuries d'eau douce et d'eau potable se traduiront par une augmentation des maladies diarrhéiques, de la typhoïde, de la malnutrition, des maladies de peau, des empoisonnements alimentaires et d'autres complications.
  • Les pénuries d'eau sont très problématiques dans nombre de petits États insulaires qui sont très dépendants de la pluie pour leur approvisionnement en eau. L'élévation du niveau de la mer provoque déjà une augmentation de la salinité des nappes phréatiques, ce qui a une incidence directe sur les moyens de subsistance et la santé des populations.

Pour toute question relative aux médias ou toute demande d’interview, veuillez contacter :

Marilu Lingad, Service de communication de l’OMS
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Peter Cordingley, Service de communication /Porte-parole de l’OMS, Bureau régional du Pacifique occidental
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