Communiqués de Presse

L’OMS : Des milliers de femmes meurent de causes évitables

Putrajaya (Malaisie) 12 Octobre 2010 — L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le Pacifique occidental a souligné aujourd'hui que les États Membres devaient redoubler d’efforts pour améliorer la santé des femmes dans la Région où elles sont encore des milliers à mourir de problèmes de santé que l’on pourrait éviter.

« Les sociétés et les systèmes de santé ne font pas assez pour protéger la santé et le bien-être des femmes, » a déclaré le Dr Shin Young-soo, Directeur régional de l’OMS pour le Pacifique occidental, devant le Comité régional du Pacifique occidental. « Par ailleurs, les progrès enregistrés — prolongation de l’espérance de vie, baisse de la fécondité totale, extension de la couverture des services de santé maternelle et recul de la mortalité maternelle — varient considérablement au sein d’un même pays et d’un pays à l’autre. »

Le Dr Shin a appelé à un regain d’engagement politique, à un renforcement de la volonté publique et à la mise en place de politiques, de systèmes et de services de santé en faveur des femmes afin d’améliorer leur santé. Parmi les principales causes d’inquiétude figurent la grossesse et l’accouchement où les risques sanitaires entrent pour une large part dans les causes de morbidité et de mortalité des femmes, notamment dans les pays à faible revenu.

Le Comité régional du Pacifique occidental, réuni à Putrajaya (Malaisie), a souligné aujourd'hui qu’il était important de renforcer l’engagement politique pour améliorer la santé des femmes, de la première enfance à la vieillesse. Il a également appelé à la mise en place d’une gamme complète de services d’accueil et de prise en charge axés sur les besoins de santé des femmes.

Les femmes ont souvent une moins bonne santé que les hommes du fait de la conjugaison de facteurs biologiques et sociétaux, tels que les risques sanitaires liés à la grossesse et à l’accouchement. Bien qu'il existe des interventions efficaces et peu coûteuses, les taux de mortalité maternelle se maintiennent à des niveaux inacceptables dans certains pays de la Région où la proportion d’accouchements assistés par un personnel de santé qualifié est inférieure à 50 %.

La santé mentale est un autre problème préoccupant, les femmes étant davantage susceptibles de souffrir de dépressions. Les troubles dépressifs représentent 42 % des invalidités chez les femmes, contre 29,3 % chez les hommes. Les violences à l’encontre des femmes sont également très fréquentes et sont parfois à l’origine de troubles psychiques et de problèmes de santé chroniques.

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En savoir plus

Une vaccination complète et à jour, une bonne nutrition et un milieu sécurisant et stimulant pendant la petite enfance et les premières années de la vie peuvent donner aux filles une solide assise pour la vie.

L’adolescence est porteuse de risques liés à la sexualité, au tabagisme et à l’alcoolisme.

Les jeunes femmes sont plus exposées que les jeunes gens aux infections sexuellement transmissibles, notamment au VIH/sida, car elles sont parfois dans l’incapacité d’exiger des rapports protégés. Elles peuvent aussi être confrontées à des grossesses non désirées et à des avortements non sécurisés.

La fonction reproductrice chez la femme est porteuse de risques sanitaires, notamment pendant la grossesse et l’accouchement qui entrent pour une grande part dans les causes de morbidité et de mortalité chez les femmes.

Préserver la santé génésique des femmes est important pour la santé des générations futures.

Les femmes sont de plus en plus exposées aux facteurs de risque liés au mode de vie, et il s’ensuit un accroissement de la charge de maladies non transmissibles qu'elles supportent.

Les facteurs de risque des maladies non transmissibles, telles que l'obésité et le manque d’exercice physique, sont en hausse chez les femmes et se traduiront par une augmentation des cas de diabète, de maladies cardio-vasculaires et de certains cancers.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme, avec 279 499 nouveaux cas en 2008, selon les estimations. Le cancer du col de l'utérus avec 105 577 nouveaux cas en 2008 selon les estimations, est très préoccupant dans la mesure où il peut être évité.

Le tabagisme chez les femmes de la Région est comparativement faible par rapport à celui des hommes (5 % contre 57 %), mais il augmentera probablement car elles sont de plus en plus souvent la cible de campagnes de publicité agressives pour le tabac. En revanche, les femmes et les filles sont très exposées au tabagisme passif. D'après les données de l'enquête mondiale sur les jeunes et le tabac, 50,6 % des jeunes (des étudiants de 13 à 15 ans) subissent un tabagisme passif dans leurs foyers, et 64,1 % d'entre eux y sont exposés dans les lieux publics.

Les femmes vivent plus longtemps que les hommes mais leur qualité de vie est souvent mauvaise durant la vieillesse.

Les services de proximité et de soutien social et économique sont importants pour satisfaire les besoins sanitaires des femmes âgées, mais ces services font actuellement défaut dans la plupart des pays en développement de la Région.

De nombreux éléments d'information attestent que dans certains pays, les garçons jouissent d'un traitement de faveur par rapport aux filles du point de vue de la nutrition, de l'éducation et de la santé, notamment quand les ressources sont insuffisantes.

Les femmes ont systématiquement un niveau d'éducation inférieur à celui des hommes et ont une moindre autonomie au plan politique et économique.

Les systèmes de santé ne tiennent pas toujours compte des besoins sanitaires des femmes, ce qui vient aggraver les difficultés liées à d'autres formes d'inégalité telles que la pauvreté, le faible niveau d'éducation, le déni d'autonomie politique et économique et l’inégalité entre hommes et femmes dans les rôles qui leur sont assignés.


Pour toute question relative aux médias ou toute demande d’interview, veuillez contacter :

Marilu Lingad, Service de communication de l’OMS
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Peter Cordingley, Service de communication /Porte-parole de l’OMS, Bureau régional du Pacifique occidental
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Téléphone : +63 (0) 918 963 0224


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